Le 9 juillet 2026, Juliane Tortes Saint-Jammes publiait un article en open access dans Frontiers in Psychology : Causal attribution in forensic psychological injury: legal causation, validity assessment, and expert reasoning. Nous en sommes très fières, et tenions à vous en partager les grandes lignes !
Une question que la clinique du trauma croise souvent
Tribunaux, systèmes de compensation, autorités de protection de l’enfance : toutes ces entités demandent régulièrement à des psychologues si l’état d’une personne peut être attribué à un événement précis. L’accident a-t-il causé le TSPT ? Les violences alléguées expliquent-elles le tableau clinique actuel ?
La question paraît simple. Pourtant, elle ne l’est pas. Les symptômes peuvent apparaître longtemps après les faits, les données préalables peuvent manquer, ou encore d’autres facteurs peuvent se superposent. Et surtout : un diagnostic ne prouve pas à lui seul que tel événement en est la cause. C’est précisément cette confusion entre plausibilité clinique et attribution causale défendable que cet article cherche à clarifier.
Dans cet article, Juliane articule trois dimensions que la pratique tend habituellement à traiter de manière séparée : les concepts juridiques de causalité, le raisonnement causal psychologique, et l’évaluation de la validité des données. Son argument central : une attribution causale défendable exige que ces trois dimensions soient coordonnées ; et que la force d’une opinion d’expert ne soit jamais plus grande que la qualité des données sur lesquelles elle repose.
Le cadre proposé distingue quatre catégories causales principales (causalité directe, contribution causale matérielle, voie causale indirecte, base insuffisante pour l’attribution), avec leurs modificateurs respectifs. Il est traduit en séquence de raisonnement pratique, en vignette illustrative et en formulations calibrées pour les rapports d’expertise, adaptables au droit civil français.

L’article est disponible en open access : doi: 10.3389/fpsyg.2026.1877102