Camea aux Journées des Infirmiers : venir rencontrer, orienter, outiller

CAMEA aux JDI Bordeaux : venir rencontrer, orienter, outiller

 

CAMEA était présent aux Journées des Infirmier·e·s de Bordeaux (édition 25 & 26 novembre 2025). Deux jours d’échanges, de conférences et d’ateliers autour des enjeux actuels du soin, dont un axe central : le bien‑être des soignant·e·s et comment se préserver. (journeesdesinfirmiers.fr)

Les Journées des Infirmier·e·s proposent un format mêlant conférences, ateliers, stands partenaires et un espace stands & jobdating.
Dans ce cadre, l’équipe CAMEA a animé deux conférences afin de comprendre et d’échanger avec les soignant·e·s sur :

  • EMDR – Guérir par les mouvements oculaires.
  • Autogestion des émotions dans le cadre des situations d’agressivité.

Un point spécifique a notamment été abordé : la prévention du traumatisme vicariant chez les soignant·e·s avec l’EMDR (ci‑dessous).

 

 

DOSSIER EMDR :

Prévention du traumatisme vicariant chez les soignant·e·s

 

1) De quoi parle-t-on exactement ?

Le traumatisme vicariant désigne l’impact psychique lié non pas à l’exposition directe à l’événement traumatique, mais à l’engagement empathique répété avec les récits, images mentales et conséquences du trauma vécu par autrui (patient·e·s, familles). (Cn2r)

Deux points importants pour éviter les contresens cliniques :

  • Le DSM‑5 inclut aussi, dans le champ du traumatique, l’exposition répétée ou extrême à des détails horribles (critère A.4) — typique de certains métiers (secours, urgence, médico‑légal), mais cela ne recouvre pas toute la clinique du “vicariant”.
  • Le CN2R souligne qu’il existe une confusion fréquente entre traumatisme vicariant, traumatisme secondaire, fatigue de compassion et burnout : ce ne sont pas des synonymes, et les leviers de prévention/prise en charge ne sont pas identiques.

 

2) Signes cliniques utiles au repérage (sans sur-diagnostiquer)

En pratique soignante, ce qui doit alerter n’est pas “être touché”, mais la combinaison de :

  • ruminations et envahissement hors travail (patients “qui reviennent” mentalement),
  • altérations des croyances (vision du monde plus dangereuse/moins juste, perte d’espoir),
  • symptômes émotionnels et somatiques (irritabilité, tristesse, fatigue, troubles du sommeil),
  • glissement vers cynisme/détachement, pouvant coexister avec une surcharge de travail.

Le burnout, lui, est classiquement décrit (CIM‑11) comme un phénomène professionnel lié au stress chronique, avec fatigue, cynisme/détachement et baisse d’efficacité — et il peut coexister avec du vicariant.

 

3) Où l’EMDR se place (et où elle ne se place pas)

  • L’EMDR est une psychothérapie structurée utilisée pour le traitement des troubles liés au trauma (et certains protocoles existent aussi pour des situations récentes/collectives). (Centre Camea)
  • Pour la prévention chez les soignant·e·s, la littérature porte surtout sur des interventions précoces (individuelles ou groupales) visant à réduire la charge de stress/post-traumatique déjà installée ou en train de s’installer, plus que sur une prévention “zéro symptôme”.
  • Des interventions de type EMDR groupale ont été proposées à des soignant·e·s pendant la période COVID, avec des résultats rapportés comme favorables sur des scores de symptômes post‑traumatiques, y compris avec suivi (étude observationnelle, limites méthodologiques). (Frontiers)
  • Un essai/pilote en téléconsultation (protocole URG‑EMDR) chez des infirmier·e·s et aides-soignant·e·s a rapporté faisabilité et amélioration à court terme sur l’état émotionnel et la détresse perçue (petit effectif). (PubMed)
  • Des essais sont conçus pour tester EMDR + soins usuels sur dépression/burnout/PTSD chez les soignant·e·s exposé·e·s (protocole d’étude). (PMC)
  • Les retours qualitatifs sur des formats groupaux décrivent aussi l’expérience vécue, les mécanismes perçus et les conditions de mise en sécurité (utile pour penser l’implémentation). (PMC)

 

4) Prévention opérationnelle : 4 niveaux d’action (ce qui marche en vrai sur le terrain)

  1. Organisation du travail (primaire)
    • rotation des postes à haute charge émotionnelle,
    • espaces de décompression réels (pas “sur le papier”),
    • politique managériale explicite sur l’exposition au trauma (reconnaissance, limites),
    • accès simplifié à des ressources (psychologue du travail, médecine du travail, etc.). (Cn2r)
  2. Équipe (secondaire)
    • culture de la mise en mots et du repérage entre pairs,
    • supervision/retours de situations complexes,
    • cadre collectif qui protège (et pas seulement “résilience individuelle”). (Cn2r)
  3. Clinique individuelle (secondaire/tertiaire)
    • dépistage précoce des symptômes envahissants,
    • stabilisation/régulation + orientation (en fonction du tableau : stress aigu, anxiété, trauma indirect, burnout). (Cn2r)
  4. Interventions ciblées type EMDR (tertiaire, parfois secondaire)
    • quand il existe des symptômes significatifs (intrusions, hyperactivation, évitements, etc.),
    • via un·e praticien·ne formé·e, dans un cadre sécurisé (individuel ou groupal selon indications et contexte). (Frontiers)

 

Conclusion 

Les JDI Bordeaux mettent explicitement à l’agenda le bien‑être des soignant·e·s. CAMEA s’inscrit dans cette logique avec un axe concret : mieux repérer, mieux prévenir, mieux orienter, notamment sur le traumatisme vicariant et les conditions dans lesquelles des interventions structurées (dont l’EMDR) peuvent être utiles.

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