Le 3ème colloque scientifique du Centre national de ressources et de résilience (Cn2r) s’est déroulé les 19 et 20 mars derniers à Paris. Consacré cette année à une thématique d’une grande actualité, trop peu formalisée dans nos pratiques : « Sou
tien social et psychotraumatisme ».
On le sait aujourd’hui : le soutien social n’est pas un point négligeable dans la clinique du trauma. C’est un facteur pronostique central ; et paradoxalement, un point mis à mal par le trauma lui-même. La question posée lors de ces journées était donc d’une grande pertinence : comment mobiliser ce qui est précisément mis à mal par le traumatisme ?
Le Dr Hala Kerbage, psychiatre et responsable de l’antenne enfants et adolescents du Centre Régional du Psychotraumatisme de Montpellier, a ouvert les travaux avec une keynote sur le soutien social comme véritable levier clinique : ses travaux portent notamment sur les interventions familiales post-traumatiques précoces. Cette présentation a illustré quelque chose que nos pratiques cliniques confirment quotidiennement : le trauma ne se soigne pas seul, et l’entourage n’est pas neutre : c’est à la fois une ressource et un outil thérapeutique à part entière.
Les niveaux de prévention : pour mieux agir
Lors de ce colloque, il a aussi été l’occasion de rappeler que, en psychotraumatologie comme ailleurs, il ne faut pas attendre que la souffrance soit installée pour agir. En santé publique, on distingue classiquement trois niveaux de prévention, et la psychotraumatologie ne fait pas exception :
- La prévention primaire vise à réduire l’exposition aux événements traumatiques avant qu’ils ne surviennent, par des actions de sensibilisation, des politiques de protection, ou encore le repérage précoce des situations à risque.
- La prévention secondaire, quant à elle, intervient juste après l’exposition : les interventions précoces, la psychoéducation et l’accompagnement des proches.
- La prévention tertiaire, enfin, correspond au soin proprement dit : elle vise à limiter les séquelles et à favoriser le rétablissement une fois le trouble ou les difficultés installés.
Cette logique de pensée invite à sortir d’un fonctionnement purement curatif, pour penser le trauma comme une trajectoire dans laquelle le soutien social peut, et doit, être mobilisé avant que la souffrance ne devienne chronique.
CAMEA et le CH de Cadillac : un poster sur l’utilisation de la thérapie EMDR dans les situations d’accouchement traumatique
Dans ce cadre, le Centre CAMEA et le Centre Hospitalier de Cadillac ont présenté un poster portant sur le « Traitement précoce de l’accouchement traumatique par la thérapie EMDR : synthèse des études cliniques actuelles« . Un sujet qui illustre bien la logique du colloque : l’accouchement traumatique touche à la fois à l’individu, à la dyade mère-enfant, et aux réseaux de soutien qui les entourent. Penser l’EMDR dans ce contexte, c’est penser un outil thérapeutique au service d’un rétablissement qui est aussi relationnel.
Le Cn2r lutte pour une accessibilité des données scientifiques, et propose un replay gratuit, disponible sur leur site internet. Encore merci au Cn2r pour la qualité scientifique et humaine de ces deux journées, et pour la place faite aux travaux des équipes de terrain.