Une publication scientifique signée CAMEA : quand la sécurité relationnelle devient une ressource clinique

EMDR et théorie de l’attachement : quand la sécurité relationnelle devient une ressource clinique

Une nouvelle publication scientifique signée Juliane Tortes Saint-Jammes vient de paraître dans le Journal of EMDR Practice and Research. Cet article, intitulé « Attachment-Informed Phase 2 Resourcing in EMDR Therapy: Relational Base-of-Security RDI and Memory-Focused Imaginal Reparenting », propose deux procédures de développement des ressources en Phase 2 de l’EMDR, pensées à partir de la théorie de l’attachement.

En effet, certains patients ayant vécu des traumatismes relationnels chroniques ou répétés peuvent rencontrer, au cours de la thérapie, des difficultés liées à des attentes de rejet, d’abandon, d’intrusion ou d’absence de protection. Dans ces situations, une ressource classique comme l’image d’un lieu calme ou sûr peut ne pas apporter les informations relationnelles dont le patient a besoin pour se sentir suffisamment soutenu. Un choix clinique s’offre alors à nous, structurée en six étapes :

  • Le premier, basé sur le Relational Base-of-Security, vise à développer une expérience relationnelle brève de protection, d’accordage et de corégulation, à partir d’une personne réelle ou imaginée, du soi adulte ou d’une autre présence protectrice.
  • Le second s’appuie sur le Memory-Focused Imaginal Reparenting : en partant d’un épisode relationnel précis dans lequel un besoin est resté insatisfait, l’introduction d’une figure protectrice ou nourricière dans l’imaginaire permet d’installer une signification adaptative pouvant ensuite servir de ressource.

Ces procédures, basées sur des éléments intégratifs de plusieurs approches intégratives, sont conçues comme des interventions de développement des ressources en Phase 2, et incluent des critères de sélection, des limites et des indicateurs permettant de maintenir le travail dans ce cadre.

 


La théorie de l’attachement

La théorie de l’attachement, développée à partir des travaux de John Bowlby puis enrichie notamment par Mary Ainsworth et Mary Main, décrit les mécanismes par lesquels les êtres humains cherchent et maintiennent la proximité de figures privilégiées lorsqu’ils sont confrontés à une situation de menace, de détresse ou de vulnérabilité. L’attachement constitue donc un système motivationnel dont la fonction première est de favoriser la proximité avec une personne susceptible d’apporter protection et soutien lorsque l’individu se trouve en situation de besoin.

Chez l’enfant, la disponibilité de cette figure permet progressivement la construction d’une base de sécurité : à partir de cette sécurité relationnelle, l’enfant peut explorer son environnement, revenir vers sa figure d’attachement lorsqu’il rencontre une difficulté, puis reprendre son exploration.

Au fil des expériences relationnelles, l’enfant développe également des représentations et des attentes concernant la disponibilité des autres, la possibilité d’obtenir de l’aide et, plus largement, la manière dont les relations fonctionnent lorsqu’il est vulnérable. Lorsque les réponses des figures d’attachement sont durablement imprévisibles, indisponibles, rejetantes ou effrayantes, ces modèles peuvent s’organiser différemment. La proximité relationnelle, la dépendance ou la séparation peuvent alors être associées à des attentes de rejet, d’abandon, d’intrusion ou d’absence de protection.

La théorie de l’attachement permet ainsi de penser la relation entre vulnérabilité, recherche de proximité et expérience de sécurité, sans réduire les trajectoires individuelles à un style d’attachement ou à une catégorie fixe.

L’attachement ne décrit donc pas simplement la façon dont une personne « s’attache » à une figure d’attachement : il permet de comprendre comment les expériences relationnelles participent à l’organisation des attentes et des stratégies mobilisées lorsqu’une personne a besoin de protection ou de soutien.


 

Cette publication s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’adaptation de la préparation en EMDR aux besoins spécifiques des patients. Elle rappelle aussi l’importance de distinguer les propositions cliniques de ce qui est aujourd’hui démontré par la recherche : les procédures décrites ici doivent encore faire l’objet d’études empiriques pour établir leur faisabilité, leurs paramètres et leur efficacité.

Lire la publication complète :

Tortes Saint-Jammes, J. (2026). Attachment-Informed Phase 2 Resourcing in EMDR Therapy: Relational Base-of-Security RDI and Memory-Focused Imaginal Reparenting. Journal of EMDR Practice and Research, 20:0048. DOI: 10.34133/jemdr.0048 : https://spj.science.org/doi/10.34133/jemdr.0048

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